Totalement human, totalement divin

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TABLE DES MATIÈRES

La souffrance (extrait page 29 à 34) (version imprimable)

« Et un jour, vous verrez que ce que vous appelez souffrance est une expression de la Béatitude »
Arnaud Desjardins

La souffrance et la maladie sont souvent les facteurs les plus susceptibles de nous guider vers une démarche en conscience et en guérison.

Lorsque nous commençons notre démarche de guérison, nous ne savons pas toujours par où débuter. Quoi faire? Où aller? qui consulter? Nous sommes généralement dans un état de profonde insécurité. Nous nous sentons souvent impuissants, inquiets, perdus et parfois même découragés. Peu importe la nature de notre souffrance, qu’elle soit d’ordre physique, émotionnel ou psychologique, nous souffrons et nous voulons trouver un remède à nos maux. Nous voulons être soulagés et aidés dans notre difficulté. Nous voulons que la souffrance disparaisse. Nous voulons guérir. Lorsque nos difficultés sont répétitives ou chroniques, nous sommes encore plus en contact avec la nécessité de guérir et de trouver une solution à nos malaises. Identifier la ou les causes profondes de nos maladies n’est pas nécessairement aussi simple que cela puisse paraître. La réalité est d’un tout autre ordre. Nos malaises sont des guides pour nous remettre en contact avec nous-mêmes. Ils sont les signaux d’alarme qui nous disent d’arrêter pour prendre le temps de regarder ce qui se passe. Malheureusement, même si nous arrêtons et regardons, nous sommes parfois complètement aveugles. Comment pourrions-nous savoir que nous avons perdu contact avec notre réalité profonde et que cette perte nous fait tant souffrir? Comment aurions-nous accès à notre inconscient qui par définition n’est plus dans notre conscience, accès à ces blessures que nous avons oubliées, occultées, réprimées, étouffées et entassées dans les coins obscurs de notre être parce qu’elles nous était insupportables? Nous nous retrouvons bien éloignés de notre cœur et de ce que nous ressentons profondément. Nous sommes devenus victimes de notre inconscient et nous ne trouvons plus la porte d’accès. Nous souffrons sans savoir pourquoi et nous ne comprenons pas le sens de notre souffrance.

La mise à jour de ce que nous avons enfoui dans notre inconscient fera partie de notre guérison en profondeur et la compréhension du fonctionnement de notre ego amènera un éclairage nouveau sur notre façon d’être en relation.

Nous avons, sans nous en rendre compte créé une souffrance secondaire. La souffrance secondaire est la souffrance causée par la réaction généralement négative à notre souffrance. Je m’explique. Si nous observons de près notre première réaction à la souffrance et à nos malaises, nous voyons que nous les refusons. Nous pourrions facilement traduire ce refus par : Non, je ne veux pas sentir cela. Non, cela ne se peut pas! Ce « non » produit une contraction dans notre corps physique de même que dans notre corps psychique et émotionnel. Cette première réaction à la souffrance et à nos malaises, ce premier refus va se répéter chaque fois que nous allons rencontrer la souffrance et la douleur. Nous accumulons des refus et des tensions tout au long de notre vie. Cela devient une habitude. Nous sommes convaincus que notre survie dépend de notre capacité à nous défendre contre la souffrance, à la nier.

Le refus : le non

La réalité, c’est que plus nous refusons ce que nous ressentons, plus nous croyons que nous sommes immunisés contre la souffrance et plus nous nous enlisons dans cette négation. Plus nous nions notre souffrance et ce que nous ressentons, plus nous développons notre armure de défense et plus nous nous insensibilisons. Nous construisons des couches et des couches de « non » et de contractions dans nos différents corps. Parfois, nous avons tellement perdu contact avec ce que nous ressentons que même notre corps physique est insensibilisé. Nous nous sommes peu à peu endurcis et déconnectés de notre sensibilité, de notre corps et de notre cœur. Nous sommes devenus méfiants et nous vivons aux aguets d’une prochaine souffrance potentielle. Nous vivons en tension perpétuelle. Nous fuyons nos tensions et l’anxiété qu’elles créent dans toutes sortes d’activités. Nous fuyons souvent notre souffrance dans « l’agir ». Nous sommes de plus en plus inconfortables dans nos corps et pourtant nous continuons à nier et à fuir la souffrance. Nous cherchons sans arrêt à trouver de nouveaux moyens pour éviter de souffrir. Nous avons perdu de vue que c’est notre habitude de dire non à ce que nous ressentons qui nous maintient dans cet état de souffrance, d’inconfort et de malaises. Dès que nous ressentons un malaise, nous essayons immédiatement de le faire disparaître et nous contractons encore plus notre corps. Plus souvent qu’autrement nous sommes convaincus que ce malaise est causé par les événements extérieurs ou par les gens avec qui nous sommes en relation plutôt que par notre peur de l’inconnu en nous. Nous vivons dans un mode défensif et nous nous protégeons contre tout ce qui vient de l’extérieur. Nous vivons isolés, séparés, tendus, mal à l’aise et pire encore, nous trouvons le moyen de continuer à nier notre état. Nous prétendons que tout va bien et que de toute façon nous ne pouvons rien changer à ce qui est, que la vie est comme ça.

Peu à peu, nous réalisons que notre souffrance et notre mal-être se reflètent dans tous les secteurs de notre vie : dans notre travail, dans nos relations sociales, familiales, intimes, dans notre état de santé, dans nos habitudes de vie, etc. Partout, nous pouvons voir à quel point nous sommes inconfortables et comment nous trouvons des pseudo-solutions pour éviter de faire face à notre inconfort et à notre négation.

Le plaisir et la souffrance

Lorsque nous vivons dans la négation, nous sommes très malheureux. Nous vivons en état de guerre et nous ne le savons même pas. Nous sommes en guerre contre la vie , contre l’humanité. Nous refusons d’être humains. Nous refusons cet aspect de la vie humaine qui est faite de souffrance, de peines, de déceptions, de pertes, de toute une panoplie d’émotions et d’événements. Nous refusons le changement et le mouvement, nous ne voulons que ce qui est agréable. Nous ne voulons qu’une partie de la vie. Si nous voulons guérir et nous transformer, nous sommes appelés à nous ouvrir à l’autre moitié de la vie qui est aussi l’autre moitié de nous-mêmes. La moitié qui nous fait souffrir. La moitié que nous ne cessons de fuir depuis notre premier souffle et même parfois avant.

Le chemin de la guérison et de la transformation est un chemin d’unification vers l’acceptation de cette autre moitié de la vie. C’est ce que tous les chemins spirituels nous enseignent, l’acceptation totale de ce qui est. Apprendre à dire oui à ce que nous ressentons est la porte d’entrée de notre guérison.

Nous devons nous souvenir qu’il existe un état de conscience où nous existons qui est au-delà du plaisir et de la souffrance et qui englobe ces deux polarités : le niveau de l’être éveillé à sa nature véritable, un niveau de conscience ou la relation sujet-objet disparaît. C’est le niveau où les contraires sont réconciliés, où ils ne sont plus séparés mais complètement unifiés comme les deux côtés de la même médaille. C’est le niveau de conscience qui unit. Dans notre conscience dualiste, nous vivons toujours polarisés d’un côté ou de l’autre de la médaille, dans la souffrance ou le plaisir.

En vivant à partir d’un niveau d’une conscience qui unit, nous apprenons à expérimenter les opposés d’une façon harmonieuse. Nous pouvons accueillir autant le plaisir que la souffrance et de cet accueil, émergent une joie et une paix réelles; la joie d’être en vie et de couler avec tous les changements que la vie apporte; de faire partie intrinsèque de son mouvement perpétuel, autant, au dehors de nous qu’en dedans de nous; la joie de ne plus être séparés de quoi ou de qui que ce soit; la joie d’être à l’aise partout; la paix d’être enfin réconcilié et réunifié.

Lorsque nous cessons de réagir négativement à nos malaises, nous créons un climat d’accueil et de détente à l’intérieur de nous-mêmes. Nous nous donnons un nouvel espace pour exister et pour réellement explorer ce qui se passe en dedans de nous. Nous nous plaçons dans un état d’écoute et de réception. Nous cessons de subir pour nous ouvrir à une nouvelle relation avec ce que nous ressentons et avec nous-mêmes. Nous pouvons peu à peu diminuer notre réaction négative et par le fait même, notre souffrance secondaire. Nous voulons entrer en contact avec la blessure originelle pour la ressentir, la vivre, l’intégrer et guérir. Notre souffrance devient alors révélatrice et constructive.

Chaque fois que nous nous retrouvons face à nos malaises et nos maladies, nous avons l’opportunité de ne pas réagir comme nous avons souvent l’habitude de le faire en nous éloignant du malaise, mais plutôt de prendre contact avec notre malaise et d’y pénétrer. Nous devrons ainsi apprendre à rester présents à l’intérieur de nous-mêmes et de notre malaise. C’est un apprentissage qui demande beaucoup de courage. La peur qui accompagne ce que nous ressentons est parfois immense. Il nous faut apprendre à rester au centre de nous-mêmes malgré toutes les sensations désagréables et les pensées qui vont alimenter notre peur.


DESJARDINS, Arnaud, LE VEDANTA ET L’INCONSCIENT, Éditions La Table Ronde, Paris 1978, p. 101

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